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Rando du 29 Août 2026: Du col de l'Espaul à la tête de Chamia (2016 m) (15 km – 671 m D+)

2 sept.
9 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 sept.



Le billet de Jocelyne: 

Départ Col de l’Espaul (1749M) – Valberg – Tête de Chamia (2016M)

1er groupe : 450/500 M de dénivelé – 8/10 kms

2ème groupe : 707 M de dénivelé – 15 kms

 

🥾 EXPÉDITION AMSL

Le Col de l’Espaul (1749 M), Cîme de Bacoun 1831 M), Col des Moulinés (1981 M ), les Têtes de Pierrous (2048 M) et Chamia (2016 M) : marmottes, vautours et dangereux mangeurs de canestrellis ! 🏔️😂.

Une journée placée sous le signe d'un ciel bleu magnifique, d'une lumière exceptionnelle et de paysages à couper le souffle.

Moi j’ai retenu :

• 2 cols,

• 1 cime (Déf. Point le plus haut d’une montagne, souvent une forme pointue ou isolée !)

• 2 têtes (Déf. Sommet de forme arrondie ou crête élevée, souvent employé dans le langage Alpin !)

 

et un Mont Mounier qui va nous suivre toute la journée comme un vieux voisin qui surveille ce qu'on fait.

Mais après avoir découvert la Tête de Chamia… je demande officiellement la révision du dictionnaire.

Parce que la Tête de Chamia, ce n'est pas une tête… c'est un mur !

 

Ce matin-là, le groupe AMSL (avec de nouveaux adhérents) s’élance depuis le Col de l’Espaul, avec cette confiance légèrement excessive des gens qui n’ont pas encore regardé la pente qui les attend.

 

Avant de commencer notre carrière de spécialistes de la marmotte, rappelons quand même que le décor est complètement dingue.

Ces montagnes racontent une histoire vieille de 140 millions d'années.

À l'époque, nous étions au fond de l'océan Téthys.

Aujourd'hui, nous sommes à près de 2 000 mètres.

Donc, techniquement…nous sommes des plongeurs qui auraient oublié de redescendre. (Si, Si…) vous me suivez ou je vous ai perdu ?

 

🌋 Du fond de l'océan au désert de calcaire :

« Le triomphe du calcaire tithonique :

Le Mont Mounier (2 817 m) est le plus haut sommet calcaire des Alpes-Maritimes. Sa silhouette massive est ceinturée par de gigantesques barres de calcaire tithonique (Jurassique supérieur, environ -140 millions d'années). Ces roches se sont formées par l'accumulation de sédiments marins au fond de l'ancien océan Téthys.

Oui, oui nous allons marcher sur un ancien fond Marin ! (Une dinguerie !)

 

L'orogenèse alpine et le Karst : Lors de la collision entre les plaques tectoniques, ces fonds marins ont été soulevés à près de 3 000 mètres d'altitude. L'érosion a ensuite sculpté ce relief, créant des structures karstiques remarquables, comme le réseau de la Combe de Crousette ou des lapiaz désertiques qui donnent au paysage son aspect lunaire.

Le contraste des vallées voisines : les spectaculaires terres rouges (pélites du Permien) des Gorges du Cians et de Daluis, créant une rupture géologique et visuelle saisissante avec la roche sombre du "Mont Noir" (Mounier).

Tu marches sur un ancien fond d’Océan où ensuite des dinosaures ont gambadé – ça calme l’égo du randonneur

- « J’ai quand même fait 700 M de déniv. aujourd’hui »

- La montagne : « Moi, j’étais au fond de l’Océan » !

- Fin de la discussion.

 

📜 Histoire : Pastoralisme et astronomie pionnière

• L'Observatoire éphémère du Petit Mounier (1893) :

C'est la grande épopée historique du site. En 1893, le mécène Raphaël Bischoffsheim (fondateur de l'Observatoire de Nice) fait construire un observatoire astronomique et météorologique à 2 754 m d'altitude sur le Petit Mounier. Conçu pour l'étude de la pureté de l'atmosphère, il fonctionnera dans des conditions extrêmes avant d'être détruit par un incendie en 1898. Ses ruines en pierre sont encore visibles aujourd'hui par les randonneurs.

• Le Col de l'Espaul (1 749 m) et la Tête de Chamia (2 010 m) : L'Espaul est le point de départ historique des voies de transhumance et de liaison reliant les villages de Beuil et de Péone.

• La Tête de Chamia, qui domine le vallon de l'Ars et le hameau de Vignols, témoigne d'une intense activité pastorale. Ses alpages herbeux contrastent radicalement avec les pierriers arides du sommet.

 

Nous ne sommes pas simplement venus randonner.

Nous marchons sur une montagne qui a connu l'océan, les dinosaures, les bergers, les astronomes… et maintenant l'AMSL !

La civilisation a décidément bien évolué. 😂

 

Ce matin-là, le groupe AMSL, est renforcé par deux nouvelles adhérentes,

Le ciel est d'un bleu éclatant, l'air limpide, la lumière magnifique.

Les montagnes se découpent parfaitement dans le ciel.

Un de ces matins où l'on se dit :

« Aujourd'hui, on va en prendre plein les yeux ! »

Et probablement aussi plein les jambes…

 

Nous progressons vers la cime de Bacoun (1831 M) des sentiers de crêtes herbeux d’un côté, les falaises étranges, Le paysage est tellement spectaculaire qu'on se croirait dans un western.

Sauf qu'au lieu d'avoir Clint Eastwood devant nous…nous avons Jean-Pierre.

Et Jean-Pierre ne dit pas :

« This is the Wild West. »

Il dit :

« On continue par là. »

Ce qui, dans le langage AMSL, signifie :

« Vous allez bientôt comprendre. »

 

1ere pause banane.

Parce que la banane est à l'AMSL ce que le kérosène est à l'aviation.

Sans banane : pas de décollage !

 

Nous approchons le Col des Moulinés (1981 M), le paysage commence déjà à changer. Les arbres se raréfient, les rochers prennent possession du terrain et les falaises deviennent gigantesque (come a quo !) .

Et quelqu'un prononce la phrase maudite :

— « Ça va, ce n’est pas si raide ! ».

Phrase traditionnellement prononcée exactement 4 minutes avant que ça devienne raide.

Et puis soudain…

 

🦫 ALERTE MARMOTTES !

Une marmotte apparaît.

Puis une deuxième, puis plusieurs.

Et là, spectacle extraordinaire.

Une marmotte décide de rejoindre son terrier.

Elle dévale la pente herbeuse à une vitesse qui ferait rougir un trialeur (Bon, elle ne connait pas notre Mélanie).

Nous : 20 minutes pour négocier la pente 12 % ++ (mounta cala )

La marmotte : 12 secondes.

— « Mais elle a mis le turbo ! »

— « Elle connaît le terrain, elle. »

— « Et surtout elle ne porte pas un sac à dos avec trois kilos de nourriture ! »

La marmotte disparaît dans l'herbe.

Leçon du jour : à 1 900 mètres, la marmotte possède une meilleure condition physique que le randonneur AMSL moyen.

Même si en fin de saison elles ont un gros popotin pour passer l’hiver (Si, Si.. ! solidarité inter-espèces, mon body est prêt à passer l’hiver !).

 

🦅 ET SOUDAIN… LES MAÎTRES DU CIEL

Alors que nous essayons de retrouver notre dignité…, une ombre passe, puis une deuxième.…

Des vautours fauves nous survolent !

Magnifique spectacle.

Ils planent majestueusement dans le ciel bleu, silencieux, élégants – pendant que nous nous soufflons comme des locomotives.

Eux nous observent depuis les airs.

Un échange de regards particulièrement instructif :

— « Vous croyez qu'ils nous prennent pour quoi ? »

— « Vu notre vitesse dans les montées… probablement pour le déjeuner. »

Jean-Pierre, imperturbable :

— « Ne vous inquiétez pas. Ils attendent simplement. »

— « Ils attendent quoi ? »

Jean-Pierre :

« Que vous soyez fatigués. »

GRAND SILENCE.

Nouvelle stratégie :

On ne tombe pas.

Une négociation s'engage alors :

— « Si on leur laisse les canestrellis ? »

— « Et les lamelles de gingembre ? »

— « Et le chocolat ? »

— « Peut-être qu'on peut garder le café ? »

— « Et un pan bagnat ? »

Conclusion :

Les vautours n'ont rien obtenu.

Enfin…pour l'instant.

 

Nous atteignons le Col des Moulinés (1981 M) -

Et là…Waouh ! qui sera notre spot pique-nique, vue à 360 ° :

Nous sommes entourés de sommets, de crêtes, de falaises et de grands espaces.

Et derrière nous…LE MONT MOUNIER : imposant, Magnifique.

Et surtout…il nous nargue.

— « Vous voyez le Mounier ? »

— « Oui. »

— « Vous voulez y aller ? »

— « NON. »

— « On pourrait… »

— « NON. »

Le Mounier semble nous répondre :

« Petits joueurs… »

- « Pignouf !

- Menu du jour : gastronomie de haute altitude.

- Au programme :

- 🍫 chocolat

🍪 gâteaux

☕ café

🫚 lamelles de gingembre — le booster préféré

🥠 canestrellis — les fameux boosters de Patricia

- Et quelque part dans le groupe, une question existentielle :

- — « Tu prends encore un canestrelli ? »

- — « Ce n’est pas un gâteau. C'est du carburant »

- — « Et le chocolat ? c’est un antioxydant puissant++ »

- — « Le café ? stimulant Médical »

- — « Le gingembre ? Scientifique.»

Bref…personne ne pique-niquait, nous effectuions un protocole nutritionnel de haut niveau (Bah m’enfin… !).

🌿 ET PUIS APPARAÎT… LE DRUIDE

Pendant que certains installent leur campement gastronomique, Hervé part explorer les environs., quelques minutes plus tard, il revient avec des champignons :

- Des coulemelles !

Instantanément, l'ambiance change. Hervé n'est plus Hervé.

Il devient LE DRUIDE.

— « Observez bien, mes amis… »

— « Tu es sûr que ça se mange ? »

— « Bien sûr (en lamelles, quelques minutes à la poêle, un peu de persillade… »

— « T'es sûr sûr ? »

— « Je crois. »

Silence.

« Hervé, désormais officiellement nommé druide de l'expédition, vient de découvrir une ressource alimentaire sauvage. Le reste du groupe, plus prudent, préfère toutefois s'en tenir à une alimentation dont la traçabilité scientifique est irréprochable : canestrellis, chocolat et gingembre. »

 

⚔️ LA GRANDE DIVISION

Arrive alors le moment stratégique.

Le groupe se scinde en deux.

🛋️ GROUPE 1 : LES SAGES

Ils restent au Col des Moulinés.

Objectif :

BULLER.

Digérer.

Profiter du panorama.

Et accessoirement vérifier que les vautours ne descendent pas trop bas.

— « On monte à Chamia ? »

— « Non. »

— « Pourquoi ? »

— « Parce qu'on est très bien ici. »

Argument imparable.

 

🧗 GROUPE 2 : LES COURAGEUX… OU LES INCONSCIENTS

Dur, dur lorsque tu as la motivation d’une huitre et l’énergie d’un téléphone à 2 %.

Direction :

TÊTE DE PIERROUS (20478 M) - TETE DE CHAMIA (2 016 m)

Le petit sentier traverse d'abord les mélèzes.

Tout va bien.

Puis progressivement…le terrain devient plus aérien, plus sauvage, plus minéral.

Et certains commencent à regarder le vide avec cette expression universelle :

« Pourquoi je suis venu ? »

Le sentier serpente au milieu d'un décor spectaculaire.

À certains endroits, on a presque l'impression de faire de la slackline, sauf que la sangle a été remplacée par un petit sentier de montagne et que personne n'a pensé à installer un filet.

— « Tu ne regardes pas en bas ! »

— « J'avais justement prévu de regarder devant ! »

— « Très bonne décision. »

 

Et puis arrive la TETE DE CHAMIA, c’est plus une tête c’est un mur !

- « On y va ? »

- « Oui çà semble tout près ! »

- « On n’a le temps ? »

- « C’est 150 M de plus et après il faudra presser le pas et couper à travers les alpages ! »

Ils sont fous !!

Mais ils y vont quand même.

Parce qu'un randonneur AMSL raisonnable…ça existe probablement, mais pas aujourd'hui !

 

LA RÉCOMPENSE EST À LA HAUTEUR :

Le spectacle est grandiose, une beauté presque indécente !

Le ciel bleu semble encore plus vaste.

La lumière fait ressortir chaque relief.

Le paysage s'étend dans toutes les directions.

 

Sous nos pieds :

🏘️ le hameau de Vignols

🐑 les troupeaux de moutons, paisibles, totalement indifférents à notre exploit.

🏔️ les Vacheries de Roubion

⛰️ le Mont Brussière

Et bien sûr…

🏔️ LE MONT MOUNIER.

Toujours là.

Toujours majestueux.

Toujours en train de nous narguer (l’appel des Sirènes)

— « Il est vraiment beau… »

— « Oui. »

— « Bon, on redescend. »

 

 

🦵 AH… LA DESCENTE !

Et c'est là que commence une autre aventure.

Parce que descendre tout schuss quand tes genoux ont décidé de passer en mode grève, ce n'est pas exactement la même chose que regarder une marmotte dévaler la pente.

La marmotte :

12 secondes.

Nous :

prudence, négociation, bâtons, respiration, quelques grimaces et éventuellement un petit juron alpin.

— « Ça va tes genoux ? »

— « Ils viennent de déposer un préavis de grève. »

— « On continue ? »

— « Ils n'ont pas demandé l'autorisation. »

Retour à travers les alpages.

Et pour certains… la notion de "presser le pas" devient une notion très théorique.

 

🏆 BILAN DE L'EXPÉDITION

1er groupe : 450/500 M de dénivelé – 8/10 kms

2ème groupe : 707 M de dénivelé – 15 kms

 

Et au compteur :

⛰️ 2 cols

🏔️ 1 cime : Bacoun (1 831 M)

🗻 2 têtes : Pierrous (2 048 M) et Chamia (2 016 M)

🏔️ 1 Mont Mounier qui nous a provoqués toute la journée

🦫 des marmottes sprinteuses

👀 des marmottes furtives

🦅 des vautours en surveillance aérienne

🐑 des moutons parfaitement zen

🧙‍♂️ 1 druide : Hervé

🍄 des coulemelles mystérieuses

🍫 du chocolat thérapeutique

🫚 du gingembre hautement stratégique

🥠 des canestrellis classés "carburant officiel AMSL"

☀️ un ciel bleu absolument magnifique

🌄 des paysages grandioses

😂 des genoux en fin de contrat

❤️ et une bonne humeur totalement incontrôlable.

 

❤️ ET PUIS ÉRIC EST DE RETOUR !

Cette journée avait aussi une très belle dimension humaine.

Après plusieurs mois de galère, nous avons eu l'immense plaisir de retrouver Éric parmi nous.

Et ça…ça vaut largement tous les sommets du monde. ❤️

 

En montagne, l'important n'est pas seulement d'arriver au sommet…

c'est de savoir avec qui on va pouvoir raconter les bêtises qu'on y a faites ! 😂🏔️

Merci à tous, bienvenue aux nouveaux adhérents, heureux de retrouver Éric… et bravo à toute la tribu AMSL !

À bientôt pour de nouvelles aventures !

Ciao les montagnards !

 

 
 
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