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Rando du 25 Juillet 2026: Lacs de Vens (2380 M) (18 km – 1200 m D+)

2 sept.
6 min de lecture


Le billet de Jocelyne: 

Lacs de Vens (2380 M) au départ du Hameau le Pra (1700 M) par le Col du Fer (2584 M),

Repas au Refuge des Lacs de Vens : 18,2 kms – 1200 M de dénivelé

 

Cette magnifique randonnée débute sur la route du plus haut col d'Europe accessible à la circulation : le Col de la Bonette.

 

Le hameau du Pra est un ancien village de montagne fondé au XIVe siècle/1617, marqué par l'autarcie pastorale, des crues destructrices et son rôle de point de départ vers les lacs de Vens.

Vie et peuplement

·        Origine du nom : Le nom « Le Pra » vient du mot pré.

·        Autarcie montagnarde : Habité de manière permanente dès le XVIIe siècle, il a compté jusqu'à 162 habitants en 1928 vivant de l'agriculture et de l'élevage.

·        Poste frontalier : Un poste de douane y a fonctionné au début du XXe siècle en raison de la proximité de l'Italie pour contrer la contrebande.

Risques naturels et destructions

·        Crues et inondations : Le hameau a subi de graves inondations (notamment en 1860 et 1961), cette dernière année ayant détruit une grande partie des habitations à la suite d'orages violents.

·        Vulnérabilité : Menacé par le torrent du Salso Moreno et les chutes de pierres de la montagne, il a de nouveau fait l'objet d'alertes et de dégâts récents, notamment en 2022 (26.08.2022) où un arrêté préfectoral interdit « d’évoluer et d’habiter sur le hameau du Pra et d’y revenir »

·        Il y a encore un berger, qui est originaire du Pra. Il y revient, année après année dès la mi-juin.

Son troupeau, il le mène dans les pâturages, puis il revient, à la fin d'octobre pour la transhumance. 

 

Opération "Lacs de Vens" un Grand classique !! Une formalité !!

Quand le programme annonce : 18,2 km - 1 200 m de dénivelé...

Il faut savoir traduire.

En langage montagnard, cela signifie :

"Aujourd'hui, vous allez découvrir des muscles dont vous ignoriez l'existence."

Nous étions onze.

Cinq gazelles de compétition.

Six randonneurs... plus proches de la philosophie contemplative.

Comprenez : dès que ça monte, on admire beaucoup le paysage.

Les cinq premières participantes ? Des fusées.Des femmes capables de monter un pierrier tout en discutant recette de cuisine et programme du week-end.

Les six autres ?

On découvrait progressivement que les poumons pouvaient officiellement demander un divorce.

 

L'itinéraire s'élève rapidement jusqu'au Plateau de Morgon et sa cabane forestière de Tortissa (2250 M), pour arriver sous les Aiguilles de Tortisse.

Des roches massives, avec une forme tout à fait particulière, se dressent à droite du col. 

Un décor totalement minéral. Des dents de pierre géantes.

On se croirait dans le repaire secret d'un dragon qui aurait oublié d'éteindre son chauffage il y a quelques millions d'années.

Le paysage devient de plus en plus sauvage.

Silencieux, grandiose.

Chaque pas donne l'impression d'entrer dans un autre monde.

Un univers où la roche règne en maître absolu. Même les Marmottes semblent respecter les lieux.

Koh-Lanta version Mercantour.

 

 

Les gazelles, elles, demandent avec un sourire :

— Alors ? On s'échauffe ?

À ce stade-là, certains étaient déjà en fin de carrière.

 

Pour atteindre le Col du Fer, il faut franchir un torrent.

Bien sûr il y a des pierres.

— « Elle est stable cette pierre ? »

— « Oui... normalement... »

Le mot normalement n'a jamais rassuré personne.

Le premier traverse avec élégance.

Le deuxième invente une nouvelle discipline olympique.

Le troisième agite les bras comme un funambule.

 

Bien sûr elles bougent.

Pendant quelques minutes, le groupe se transforme en finalistes de Koh-Lanta sous une petite ondée de 3 minutes.

Tout le monde traverse.

Avec plus ou moins d'élégance...

 

On contourne ces aiguilles découpées pour atteindre le Col du Fer (2584 M)

Le Col du Fer... et le souffle en option

Le Col du Fer (2 584 m) est enfin atteint.

La frontière italienne est juste là, le vent souffle doucement (enfin ça décoiffe…le brushing est mis à mal)

Les paysages deviennent immenses.

Les montagnes semblent ne jamais finir.

Les yeux profitent... Silence total, Un de ces endroits où l'on comprend pourquoi on aime tant la montagne.

Personne ne parle.

D'abord parce que c'est beau.

Ensuite... parce que plus personne n'a assez de souffle.

Les jambes, elles, déposent officiellement un préavis de grève.

 

L'option facultative...

Depuis le collet, possibilité de grimper l'Aiguille de Tortisse (2 672 m).

Le mot magique apparaît : FACULTATIF, pas le temps, pas prévu..

Dans le groupe, certains traduisent immédiatement :

"Facultatif = pas obligatoire = joker !"

Étrangement, cette interprétation fait l'unanimité.

Pendant ce temps-là...

Deux chamois, tranquillement installés au sommet, nous observent.

Ils semblent penser :

"Vous êtes venus jusqu'ici... mais pas jusque-là ? 100 M de plus…C'est dommage..."

Ils avaient ce petit sourire narquois typique des professionnels de la haute montagne.

 

Au milieu de cette véritable cathédrale minérale apparaît alors une curiosité de la nature... avant d’arriver au Refuge : L'Arc de Tortisse, aussi appelé l'Arche de Tortisse.

À près de 2 590 mètres d'altitude, cette immense arche naturelle semble suspendue entre ciel et montagne.

Impossible de ne pas lever les yeux.

On dirait une porte monumentale ouvrant sur un autre monde.

Ou l'entrée secrète du royaume des géants.

Certains cherchent déjà le dragon.

D'autres imaginent qu'Indiana Jones va surgir de derrière un rocher.

Elle est simplement l'œuvre du temps, du vent, du gel et de la patience infinie de la montagne.

Et quel chef-d'œuvre ! Rodin, Michel-Ange…ont dû être randonneur avant, pour leur source d’inspiration !

 

Puis les Lacs de Vens apparaissent.

Personne ne parle.

Même les plus bavards oublient leurs plaisanteries.

On contemple.

Les lacs semblent déposés au creux d'un immense écrin de pierre.

L'eau est d'une transparence incroyable.

Par endroits turquoise, puis émeraude, puis bleu profond (bon aujourd’hui il faut l’imaginer, le soleil nous boude quelque peu).

Chaque souffle de vent transforme les reflets.

Les nuages jouent avec la lumière.

Les montagnes viennent s'y mirer comme devant un immense miroir.

 

Le refuge, perché sur son promontoire rocheux, semble veiller sur ce petit paradis d'altitude.

Autour, les torrents bondissent de lac en lac, dessinant des cascades d'argent qui serpentent.

Des tapis multicolores de fleurs, les papillons virevoltent de fleurs en fleurs

La roche paraît austère.

L'eau lui répond avec douceur.

Deux mondes opposés, deux beautés complémentaires.

 

Le regard ne sait plus où s'arrêter.

On comprend alors pourquoi les Lacs de Vens figurent parmi les plus beaux joyaux du Mercantour.

Et, pour une fois...

Personne ne cherche à savoir combien il reste de kilomètres.

Le temps s'arrête.

 

Puis, comme souvent en montagne...

Une voix s'élève derrière le groupe.

— « Bon... on admire encore cinq minutes... ou on va manger les lasagnes pendant qu'elles sont

chaudes ? ». Le charme est rompu.

Onze randonneurs retrouvent immédiatement l'usage de leurs jambes.

Comme quoi...

Le spectacle est magnifique, mais les lasagnes du refuge restent une valeur sûre.

·        Lasagnes monumentales.

·        Omelettes généreuses.

·        Assiettes de charcuterie.

·        Tartes aux myrtilles qui feraient oublier n'importe quel régime.

 

Avec en toile de fond :

-         Les Lacs de Vens.

-         Les Aiguilles de Tortisse.

-         La Crête de Balaï.

-         Le majestueux Mont Ténibre culminant à 3 031 mètres.

-          

Il existe probablement peu de restaurants capables d'offrir un tel panorama.

Le vent est un peu frais.

Une petite laine devient indispensable. Comme quoi...

Même en juillet, la montagne rappelle qui commande.

 

Une météo... joueuse :

Trois petites ondées viennent ponctuer la journée.

Juste assez pour sortir les vestes.

Juste assez pour ranger les vestes.

Juste assez pour ressortir les vestes

La météo hésitait manifestement entre soleil, nuages et douche rapide.

Elle a choisi les trois.

Il faut penser au retour (tout le monde ne descend pas en courant (Lol !).

Nous longeons les crêtes au-dessus des Lacs pour rejoindre le Plateau Mongon (Cabanes Forestières).

 

Le superbe réseau de sentiers aménagés dans les années 1930 par les anciens services des Eaux et Forêts nous ramène progressivement vers le plateau de Tortisse.

Les anciennes cabanes forestières témoignent d'une époque où l'on reboisait patiemment des montagnes surexploitées.

Aujourd'hui, la nature a repris ses droits.

Et pour conclure cette magnifique aventure... deux chamois.

Eux avaient manifestement tout leur temps.

Ils prennent la pose, se laissent admirer.

Comme de véritables mannequins de haute montagne.

Pendant que nous essayons simplement de retrouver nos jambes.

 

Moralité...

Cette randonnée possède tout ce qu'on aime :

✔ des paysages parmi les plus beaux du Mercantour ;

✔ des passages sportifs qui rappellent qu'on n'est plus tout à fait des cabris ;

✔ des torrents façon Koh-Lanta ;

✔ des panoramas à couper le souffle... parfois avant même d'arriver au sommet ;

✔ des lacs d'une beauté presque irréelle ;

✔ un refuge où les lasagnes mériteraient une étoile Michelin de l'altitude ;

✔ des chamois moqueurs ;

✔ cinq gazelles toujours aussi rapides...

...et six héros anonymes qui sont revenus entiers.

 

Une randonnée exigeante, minérale, spectaculaire. Le Mercantour ne se visite pas…il se mérite.

 

Merci Mélanie pour ton dynamisme et ta bonne humeur. J’apprécie d’avoir pu refaire cette rando en y ajoutant le Col de Fer, même si mes genoux ne sont pas du même avis !!

Merci à tous de m’avoir attendu en descente !!

 

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Ciao !

 

 
 
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