Rando du 6 Juin 2026: La tête de Méric (880m D+; 12,3km)
- 23 juin
- 4 min de lecture
Le billet de Jocelyne:
L’ascension vers le toit du monde... ou presque !
Au départ de Péone (1176 m), nous étions tous frais, souriants, confiants.
Une erreur de jeunesse.
Le programme annonçait 14 km et 900 m de dénivelé (MEFI !) +++
Et comme souvent en randonnée, quelqu'un avait osé prononcer la phrase maudite :
"Ça monte régulièrement."
Sur le papier, cela paraît raisonnable.
Sur le terrain, c'est une autre forme de littérature.
Effectivement, comme une facture EDF, comme les impôts !! ça ne s'arrête jamais !
Dès les premiers mètres, une question s’impose :
La vallée du Tuébi, quésaco ?
Un ancien royaume oublié ? Une province italienne perdue ?
Une destination secrète réservée aux initiés ?
Pas du tout.
Le Tuébi est le torrent qui longe Péone avant d'aller rejoindre le Var à Guillaumes.
Avouez quand même que "Tuébi" ressemble davantage au nom d'un chef de tribu gauloise ou d'un personnage de Star Wars qu'à celui d'une rivière. (Trop de Netflix…)
Le topo annonçait une "montée régulière dans les sous-bois".
Alors oui, c’est exact, la montée est régulière, régulièrement raide, régulièrement interminable,
régulièrement verticale…
À un moment, même les arbres semblaient nous regarder avec compassion.
Les 900 mètres de dénivelé ne se sont pas faits tout seuls.
Même les GPS commençaient à souffler.
Les bâtons de marche demandaient une augmentation.
Mes genoux ont d'ailleurs demandé l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire afin de déterminer qui avait validé ce parcours (abus caractérisé de gravité terrestre).
Pour maintenir le moral, nous avons tenté diverses techniques :
· Compter les lacets ;
· Admirer le paysage ;
· Raconter des blagues ;
· Faire des photos…
Mais rien n'y faisait, la montagne continuait de grimper.
Oui.
La montagne grimpait plus vite que nous. (Si ! si ! m’enfin…)
— Écoute Méric, on peut trouver un arrangement...
Mais la montagne reste inflexible.
Puis apparaît enfin la fameuse crête.
Enfin... "apparaît" est un bien grand mot, car cette crête possède un pouvoir surnaturel !
Elle semble toujours être à 10 minutes…toujours après 30 minutes ?!
Et soudain...
LE SOMMET : La Tête de Méric (2048 M)
Là-haut, le monde change d'échelle.
Le souffle revient.
Les genoux suspendent temporairement leurs poursuites judiciaires.
La récompense ! La révélation !
Un panorama (360°) tellement grandiose qu'il ferait pleurer un GPS.
Devant nous, notre seigneur et maître, le Mont Mounier (2818 m), Grandiose, avec une arrogance toute minérale.
À ses côtés, la Cime Nègre (2553 m) joue les gardes du corps.
En face, les Tours du Lac d'Allos (2745 m) dressent leurs silhouettes majestueuses tandis que le Val d'Entraunes s'étale en contrebas comme une carte postale géante, sans oublier les Gorges du Daluis.
Un panorama tellement immense qu'on a l'impression d'être monté sur le balcon privé des Alpes du Sud en mode V.I.P. !
Le spot pique-nique est officiellement homologué "5 étoiles panoramiques".
Même les sandwichs ont pris un goût gastronomique.
Une compote se transforme en dessert étoilé.
L'altitude fait des miracles (sans Génépi !).
C'est alors qu'un drone local est venu nous inspecter (Si, si ! m’enfin…)
Un magnifique vautour fauve (gyps fulvus… c’est nettement plus impressionnant !) nous a survolé
Le seigneur du ciel.
« L'engin » nous survole à quelques dizaines de mètres.
Pas un battement d'aile, rien, il flotte, il glisse, il nous observe.
Pendant que nous avons mis trois heures à gravir la montagne, lui semble se déplacer avec élégance, sans transpirer, sans bâtons, sans gourde, sans genoux.
LA PROVOCATION ULTIME !!
Certains ont affirmé qu'il évaluait le niveau de fraîcheur des randonneurs…les plus fatigués.
Vu l'état de certains après 900 mètres de dénivelé, le vautour pouvait légitimement croire que le buffet était ouvert.
Heureusement, après inspection approfondie du groupe, il a conclu que personne n'était encore assez tendre (Oups !).
Puis vient l'heure du retour.
"Descente en forêt", annonce le programme.
Enfin une bonne nouvelle !
Une descente est une descente. To schuss !
Bon...après quelques centaines de mètres, les quadriceps déposent une plainte officielle.
Les genoux réclament un médiateur.
Les chevilles demandent un référendum.
Au milieu de cette aventure, notre fin limier Gilles a réalisé un exploit digne des meilleurs chercheurs de truffes. Alors que toute la troupe était passée devant sans rien voir, il a découvert un magnifique cèpe.
Un spécimen splendide.
Certains affirment qu'il l'a repéré à cinquante mètres grâce à son radar mycologique embarqué.
La science n'a toujours pas d'explication ??!!
La randonnée se poursuit à travers un immense « océan » de genêts en fleurs.
Et quand on dit immense... C'est jaune… Très jaune. Un tsunami de jaune.
À tel point que les balises du sentier deviennent totalement invisibles.
Le jeu du jour :
Trouve la balise jaune dans le champ jaune.
Niveau de difficulté : expert.
Le premier qui en repère une gagne immédiatement le droit de guider l'expédition.
Au final, cette randonnée nous aura offert :
✔ 900 m de montée officiellement qualifiée de "régulière" par des gens manifestement très optimistes.
✔ Une crête qui recule plus vite que nos espoirs.
✔ Un vautour fauve jouant les drones de surveillance.
✔ Un cèpe légendaire découvert par Gilles le Magnifique.
✔ Un océan de genêts où les balises pratiquent le camouflage militaire.
✔ Un sommet à 360° capable de faire oublier toutes les souffrances... pendant environ dix minutes.
Le genre d'instant qui rappelle pourquoi on aime tant la montagne.
Une belle Aventure.
Nous sommes revenus avec des souvenirs plein la tête, des photos plein les téléphones, et quelques pièces mécaniques légèrement usées mais encore homologuées pour la prochaine expédition. 🥾⛰️😄🍄🦅🍻
Merci Mélanie de nous avoir permis de rajouter un 900M au compteur (Lol) : « ça passe crème !!... »
A bientôt pour de prochaines aventures !
Ciao !















