top of page

Rando du 20 Juin 2026: Le tour du mont Brussière (380m D+; 7,5km)

  • 23 juin
  • 5 min de lecture


Le billet de Jocelyne:

Départ du Col de la Couillole (1678 M)

Le col de la couillole fait partie de l'histoire mythique du Tour de France. 

« Couillole » (nom provençal) : petites tranchées creusées par l’écoulement des eaux de pluie ; ou bien, plante caractéristique des terrains arrosés : petit liseron vrillé, qui rampe sur le sol, mauvais pour le blé, mais recherché par le bétail et utile pour ses vertus médicinales.

• Les Gorges du Cians en mode périphérique parisien :

L'aventure commence bien avant le premier pas.

À peine engagés dans les Gorges du Cians, nous tombons sur un phénomène rarissime dans le Haut Pays : un embouteillage géant !!

Pas un bouchon classique avec des automobilistes nerveux. Non.

Un bouchon version pastorale.

Des centaines de moutons en pleine transhumance occupent la route.

Circulation bloquée, GPS désorientés.

Temps de trajet : "inconnu".

Priorité absolue aux occupants laineux, le spectacle est total.

Les moutons avancent tranquillement, comme s'ils étaient propriétaires des lieux.

Ce qui, à bien y réfléchir, est probablement le cas depuis plus longtemps que nous.

Quant aux bergers...Comment dire...

Leur look mérite à lui seul une rubrique dans Montagne Magazine.

Entre le style "cow-boy des Alpes", "ermite du Mercantour" et "rock star du pastoralisme", certains affichent une allure qui défie les tendances actuelles.

Soyons honnêtes :

Les moutons étaient souvent mieux coiffés.

Même après plusieurs kilomètres de marche.

Certains béliers semblaient sortir directement d'un salon de toilettage cinq étoiles.

Une concurrence capillaire difficile à assumer pour plusieurs membres du groupe.

Randonnée difficulté moyenne (dernière de la saison) :

Bref, revenons à nos moutons (elle était facile celle-là ! j’ai honte !) 

Randonnée au pied du Majestueux Mont Mounier, parcours autour du Mont Brussière. 

Nous sommes partis du Col de la Couillole, col mythique des Alpes du Sud reliant la vallée de la Tinée aux gorges du Cians.

Le groupe s'élance plein d'enthousiasme.

Les jambes sont fraîches., les genoux confiants, les mollets innocents.

Ils ne savent pas encore.

Nous débutons par un sentier dans les alpages au-dessus du vallon de la Frache, dans une belle forêt de conifères, parvenu sur un plateau avec une vue à 360° (Un superbe panorama montagneux s’ouvre à nous).

Les appareils photos chauffent.

Les téléphones atteignent rapidement les 12 % de batterie.

Les yeux brillent.

Les cartes mémoire pleurent.

 Nous continuons dans un agréable sous-bois, jusqu’à un petit collet, 

Et là...

Le mot "moyenne" disparaît définitivement du dictionnaire.

À partir d'ici, nous suivons la ligne de crête.

Une crête très aérienne.

Quand on dit aérienne, ce n'est pas une image.

À gauche : du vide.

À droite : du vide.

Devant : du vide avec parfois un peu de sentier au milieu.

Derrière : des randonneurs qui avancent en faisant semblant de regarder le paysage alors qu'ils vérifient surtout où poser leurs pieds.

Nous progressons tels une expédition de l'extrême sur les crêtes de l'Himalaya.

Bon d'accord...sur les crêtes de l'Ars.

Mais dans nos têtes c'était l'Himalaya.

Chaque pas devient un exploit.

Chaque photo est prise avec une seule main parce que l'autre s'accroche à l'air (Vous n’avez jamais essayé ?). Certains découvrent même des muscles inconnus jusque-là.

Mention spéciale aux points cotés 1925 m et 1917 m qui ont réussi l'exploit de paraître plus hauts que l'Everest.

Après cette traversée digne de "Koh-Lanta : édition AMSL", nous atteignons enfin la crête d'Ars (1931 M).

La descente s’effectue en passant par la cabane de l’Ars, très bien restaurée, elle est située au bord d’une doline, entonnoir dû certainement à la présence de gypse (lieu de pastoralisme).

En contre bas les cabanes d’Ars (1836m), là tu navigues à vue dans une superbe prairie couverte de multitudes de fleurs, une véritable symphonie florale. 

On ne marche plus dans un alpage, on déambule au milieu d’une gigantesque aquarelle. 

On ne sait plus où donner de l’objectif !

Tous les dix mètres :

- « Attendez encore une photo ! »

- « Non mais là, c’est encore plus beau ! »

Les papillons assurent le service animation.

On s’attend presque à voir surgir C. Monet, Van Gogh en aurait perdu ses pinceaux (Si, si….)

Nous entendons les cloches des moutons qui viennent d’arriver - Niveau d'alerte Patou : activé.

Confiant, nous optons pour la prairie à l’ombre des mélèzes : spot pique-nique idéal.

Au moment de repartir nous apercevons  une camionnette suivie de 2 bergers d’Anatolie (les moutons n’étaient plus là) : ils nous repèrent : un poursuit son chemin, mais le 2ème (le plus gros ++) se dirige vers nous en courant (version Carrie Ingalls dans la Petite Maison dans la Prairie), oreilles au vent…oups ! qu’allons-nous devenir, 15 minutes plus tôt Christiane venait de découvrir des ossements dans l’herbe…  

un crâne ! (sûrement de mouton) Suspens ! … 

👉 chien géant + crâne mystérieux + montagne isolée = scénario peu rassurant.

Chacun imagine déjà le titre du prochain compte-rendu :

"Le mystère du pique-nique, les disparus de l'Ars."

Le géant approche.

Silence absolu.

Et finalement... miracle.

Nous sommes tombés sur le seul berger d'Anatolie syndiqué de la région.

Un amour, une peluche géante, un professionnel de la papouille qui a apprécié les restes de sandwich, les canestrellis, il devait être en R.T.T., ou responsable du service "Relations Publiques et Accueil des Randonneurs".

Après vingt minutes de négociation gastronomique, nous obtenons son autorisation officielle de quitter les lieux.

Après cette séquence émotion nous poursuivons et longeons le « hameau d’Ars » (alpage d’été).

Arrivé au bout du vallon de Conchat, traversée d’un cours d'eau à sec en été, 

Et là...

Une montée, une vraie (grimpette en sous-bois pour passer le Col Saint-Pierre (1712 M). 

Une de celles qui vous font soudainement admirer les escargots pour leur capacité à avancer sans transpirer.

Les montres GPS affichent 418 m de dénivelé.

Nos cuisses affichent le double.

Après la traversée du Cians à sec, nous découvrons le dernier piège de la journée.

La remontée finale.

Le fameux bonus.

Celui que personne n'avait commandé.

Celui qui apparaît toujours quand on croit avoir terminé.

Le responsable de ce supplément doit probablement travailler pour les fabricants de baume musculaire.

Mais rien n'arrête une équipe AMSL.

Même pas une montée de dernière minute.

Même pas des crêtes aériennes.

Même pas un berger d'Anatolie de 80 kilos.

Événement exceptionnel :

Au cours de cette aventure, Gérard a procédé à une cérémonie d'une importance historique.

Désirée a été officiellement élevée au rang d'Animatrice AMSL.

Brassard homologué. Investiture validée.

Selon des témoins fiables, le Mont Mounier aurait salué l'événement.

Bilan de l'expédition

✔ Des panoramas grandioses.

✔ Des fleurs à perte de vue.

✔ Des crêtes qui décoiffent même les chauves.

✔ Un chien géant finalement recruté comme mascotte.

✔ Une animatrice officiellement adoubée 

✔ Des mollets désormais classés au patrimoine mondial de l'effort.

✔ Une équipe toujours prête à transformer une randonnée "moyenne" en aventure épique.

Le traditionnel pot de l'amitié à Beuil où chacun a retrouvé son souffle, ses couleurs et parfois même ses jambes.

Une magnifique dernière randonnée de saison.

Enfin...

Jusqu'à la prochaine randonnée "facile", "douce" ou "moyenne" annoncée par les organisateurs...

L'expérience nous a appris à nous méfier de ces mots-là. 😄🏔️🥾🍷🍻.

Cette randonnée marquait également la dernière sortie de Karine avant son départ vers de nouveaux horizons.

À la rentrée, direction les Pyrénées pour de nouvelles aventures.

Autant dire que les montagnes pyrénéennes ne savent pas encore ce qui les attend.

Nous lui souhaitons :

🍀 de magnifiques découvertes,

🥾 des sentiers grandioses,

🍷 quelques bonnes tables après l'effort,

🐑 des moutons correctement coiffés,

🐕 des patous aussi sympathiques que celui de l'Ars,

et surtout une foule de nouvelles aventures à raconter.

Bonne chance et belle route à toi Karine ! 

On te souhaite le meilleur (professionnel et personnel).

Même mutée à plusieurs centaines de kilomètres, tu resteras officiellement membre de la confrérie très fermée des survivants des randonnées "moyennes" de l'AMSL.

Et comme tout grand aventurier le sait :

On peut quitter les Alpes, mais les Alpes ne vous quittent jamais.

À très bientôt sur les chemins... ou autour d'un verre ! 🍻🏔️😄

A très bientôt, tous en forme pour la rentrée

Ciao !

 
 
bottom of page