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Rando du 16 Mai 2026: Lac de Beuil et tête du Garnier (370m D+; 7,2km)

  • 22 mai
  • 4 min de lecture


Le billet de Jocelyne: Au départ, l’ambiance est donnée avant même d’avoir chaussé les chaussures : sur le parking, Hervé et François sont déjà en grande conférence alpine. Sujet hautement sensible : le dénivelé et la distance.

Entre les cartes d’Hervé et l’application Iphigénie de François, verdict sans appel : +70 mètres de dénivelé et presque 4 kilomètres supplémentaires ! “Ma qu’esaquò ce chantier ?”.

La randonnée “tranquille” prévue prend immédiatement des allures de traversée du Mercantour version Koh-Lanta.

Petit effectif aujourd’hui : seulement 7 personnes… mais 7 ultra motivées ! Nettement plus motivées, d’ailleurs, que mes genoux, qui eux avaient déjà demandé l’ouverture de négociations dès le parking.

Hervé brandit ses cartes comme un vieux capitaine niçois en pleine tempête, François pianote sur son téléphone avec le sérieux d’un contrôleur aérien.

On comprend surtout une chose : on n’est pas rentrés pour l’apéro de midi !

 

Go ! go ! direction le hameau du Clot avant de poursuivre sur un agréable sentier traversant plusieurs vallons verdoyants. Très vite, le décor devient magique : les vallons couverts de fleurs alpines éclatent de couleurs, orchidées sauvages, gentianes, des tapis de primevères et mille nuances printanières composant un véritable tableau vivant. Puis viennent les majestueux sous-bois de mélèzes où la lumière danse entre les troncs dorés. Et toujours, en toile de fond, l’impressionnant mont Mounier (2817 m), encore enneigé, qui domine l’horizon avec une élégance presque irréelle.

À certains moments, on ne sait plus très bien si l’on marche réellement ou si l’on est entré dans un gigantesque kaléidoscope où les couleurs, les reliefs, les fleurs et les lumières se mélangent dans un décor hypnotique.

1er objectif atteint : le Lac de Beuil (1739M), niché dans son écrin naturel, ce lac-doline est une véritable curiosité géologique. « Il doit sa présence à l’effondrement du terrain naturel dans lequel l’eau s’est accumulée sans pouvoir s’infiltrer, à cause de l’imperméabilité du substrat (à sec l’été). Encore une fantaisie réussie de Dame Nature ».

Autre fantaisie de ce Lac : « L'alyte accoucheur - un crapaud de petite taille qui dépasse rarement 50 mm.

Des pattes courtes et une pupille verticale dans un œil doré veiné de noir sont des critères suffisants pour le distinguer des autres crapauds du massif. Le chant flûté est également caractéristique.

Dans le Mercantour, il est présent essentiellement dans les lacs, mares et gravières ». (Voir photos).

 

Nous poursuivons notre chemin dans une superbe forêt de Mélèzes jusqu’au col de l’Espaul (1748 m),

L’itinéraire grimpe ensuite jusqu’à la Tête de l’Ubac (1891 m), puis vers la Tête du Garnier (1906 m).

Et là-haut… quelle récompense ! Des panoramas incroyables s’ouvrent à 360 degrés sur les vallées et les sommets du Mercantour. Le regard se perd entre les crêtes, les vallons fleuris et le majestueux mont Mounier encore enneigé qui semble surveiller toute la vallée. Un vrai décor de cinéma.

Des vues à couper le souffle s’ouvrent peu à peu à 360 degrés sur les sommets et vallées alentours. “Mamma mia… quelle merveille !”

 

Mais le vrai morceau arrive ensuite : après le lac, le parcours emprunte plusieurs enclos non balisés.

Et là… comment dire… difficile de trouver une trace correcte.

À la décharge de nos guides, le terrain joue parfois à cache-cache avec les sentiers.

Heureusement, les moutons n’étaient pas encore en estive. Donc pas de patous. On l’a échappé belle ! Parce qu’entre les fameux 70 mètres supplémentaires, les 4 kilomètres “offerts » , certains avaient déjà prévu une technique de survie basée sur une maîtrise yogi du patou : respiration profonde, regard apaisé et position du bouquetin zen. Une sorte de “namasté mon chien” version Mercantour (Patricia, qui n’était pas là, le pratique à merveille).

 

Attention, cette montée “tonique” se mérite ! Chacun adopte alors sa méthode : les rapides, les réguliers, les contemplatifs… et ceux qui s’arrêtent “pour admirer les fleurs” toutes les trois minutes.

 

Nous redescendons pour notre spot pique-nique, au-dessus du lac de Beuil (Tête de l’Ubac).

Un spot cinq étoiles avec vue panoramique et ensoleillée. Là-haut, le casse-croûte devient banquet gastronomique : le chocolat paraît meilleur, le café plus parfumé, les canestrellis presque étoilés Michelin et le génépi… ah le génépi (merci Christian)… capable à lui seul de faire oublier les fameux 70 mètres supplémentaires. Enfin… momentanément.

On savoure cet instant suspendu quand soudain débarquent de vilains nuages bien noirs. Certains osent même gronder au loin. “Eh bè, doucement hein !” Après quelques roulements de tambour destinés à nous rappeler qui commande là-haut, ils décident finalement de ne pas pleuvoir. Une sage décision.

 

Le retour ajoute alors une nouvelle couche d’aventure : moins de balisage, davantage d’instinct, plusieurs débats stratégiques et des consultations de cartes dignes d’une mission spatiale.

Entre-les “par ici !”, les “mais non, par-là !” et les “fai tira, on verra bien”, l’ambiance reste joyeusement et confiante…… A pas peur !!

Le retour se fait ensuite par un joli chemin en sous-bois pour rejoindre le parking.

 

Jean-Pierre et Christian, version « montagnarde de Tic et Tac », installés côte à côte sur un rocher :— “Non, nous ne sommes pas fatigués…”petit silence…— “Nous contemplons…” répond Christian avec un immense sérieux philosophique (Lol !).

 

Toute grande aventure mérite une conclusion digne de ce nom, le pot de l’amitié se déroule à Beuil dans une ambiance chaleureuse et sans rancune… ou presque. Car les fameux 70 mètres de dénivelé et 4 kilomètres supplémentaires restent le sujet du jour. Visorando et Iphigénie ne doivent manifestement pas avoir les mêmes satellites….

Au final, cette très jolie boucle nous aura offert bien plus qu’une randonnée :

-          des panoramas grandioses,

-         -des fleurs en pagaille (Jardiland peut se rhabiller),

-         -de l’aventure improvisée et des souvenirs mémorables… bref de supers moments partagés.

 

A bientôt pour de nouvelles Aventures !

Ciao !

 
 
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