Rando du 4 Octobre 2026: La baisse de Druos et la tête Mercière
Dernière mise à jour : 8 oct.
Le billet de Jocelyne: Randonnée du Dimanche 04 Oct. 2026
🏔️🇫🇷🇮🇹 GRAND LAC DE TERRE ROUGE & VALSCURA 📍 Départ : Isola 2000
🌊 Lacs de Terre Rouge : autour de 2 452 m
⛰️ Baisse de Druos : 2 628 m
🇮🇹 Lacs de Valscura
🏔️ Tête Mercière : 2 491 m
📏 12,5 km - 📈 +780 m
Ce matin, nous quittons Isola 2000, avec cette assurance typique des randonneurs expérimentés :
👉 « Ça va, 780 mètres de dénivelé, c’est tranquille ! »
Phrase qui, comme chacun sait, précède généralement les ennuis.
Le programme semble pourtant simple : monter jusqu’au Grand Lac de Terre Rouge, poursuivre vers la Baisse de Druos à 2 628 M, puis redescendre tranquillement vers le col Mercière en passant par la Tête de Mercière à 2 491 m.
« Tranquillement »… Oui !
Le vallon de Terre Rouge est un ancien paysage glaciaire, façonné par les glaciers du Quaternaire (Whoua !)
Et les glaciers, eux, ne faisaient pas dans la dentelle.
Ils ont creusé, raboté, sculpté la montagne et laissé derrière eux un magnifique chapelet de cinq lacs superposés, regroupés sous le nom de Lacs de Terre Rouge.
Pourquoi Terre Rouge ?
Parce que les roches et les éboulis environnants présentent des teintes rougeâtres liées notamment à l'oxydation du fer contenu dans les minéraux.
Autrement dit :
🪨 la montagne contient du fer,
🌧️ l'eau et l'air font leur travail,
🔴 le fer s'oxyde,
🎨 et la montagne se retrouve avec une jolie touche de rouge.
Bref : la montagne avait déjà son peintre avant notre arrivée.
(Pour les explications techniques voir avec François…)
La Baisse de Druos, à 2 628 m, se trouve aujourd'hui à la frontière franco-italienne.
Pendant longtemps, le secteur constituait une zone stratégique entre le Comté de Nice, le royaume de Piémont-Sardaigne et, plus tard, la France et l'Italie.
Les montagnes portent encore les traces de cette histoire militaire :
🪖 casemates
🪖 tranchées
🪖 tunnels
🪖 anciennes constructions militaires.
Des ouvrages ont été aménagés pour verrouiller cette frontière, notamment durant les périodes de tensions et de conflits du XXe siècle.
Et certaines fortifications sont encore là, plantées dans la montagne, comme si les soldats étaient partis hier.
Nous allons commencer notre randonnée dans une ancienne terre italienne devenue française !
« Ça va être une belle balade »
Et puis, il y a ISOLA 2000 , rien que le nom aurait dû nous mettre la puce à l’oreille :
UNE STATION DE SKI ! des Pistes…
⚫ noire ++
🔴 rouge ++
🟢 verte : option décorative
🔵 bleue : probablement en rupture de stock.
Bref, nous n’étions pas venus skier…la Montagne avait décidé de nous faire passer un examen de rattrapage.
Nous quittons la station et progressons dans la forêt de mélèzes et rejoignons le GR52 : le vallon de Terre Rouge.
Petit à petit, la végétation s'efface. Les grands espaces apparaissent.
Et devant nous se dressent :
🏔️ le col de la Lombarde – 2 350 m
🏔️ la cime de la Lombarde – 2 782 m
🏔️ le majestueux Mont Malinvern – 2 938 m
Nous avançons dans une autre dimension - bienvenue dans le Mercantour version XXL.
Et puis… LES LACS !
On comprend immédiatement pourquoi on est venu.
Les Lacs de Terre Rouge sont absolument magnifiques, une succession de petits joyaux glaciaires.
Une eau cristalline qui prend cette incroyable couleur émeraude, turquoise, parfois bleutée selon la lumière !
Les montagnes se reflétant dans l’eau, les sommets semblent flotter à la surface.
Le soleil brille, une lumière à décoller les rétines…on mitraille les paysages, parce qu’en randonnée, il existe une règle immuable :
- une belle photo = une pause
- une très belle photo = deux pauses….
Puis :
- « Attendez, celle-ci est encore mieux »
Puis :
- « Ne bougez pas ! Le reflet est magnifique ! ... »
Résultat : Oups... 30 photos plus tard… (Si, si...j’ai osé), le lac n’a toujours pas bougé, en revanche, nous avons perdu 10 minutes !
Et que dire des myrtilliers (vaccinium myrtillus – çà en jette) en mode « FEU D’ARTIFICE » : de grandes tâches flamboyantes, rouges, orangées presque incandescentes qui tranchent avec ce décor minéral.
Evidemment…
- Une photo, puis 2, puis 3, puis…un festival international de photographie du Myrtillier.
• Naomi Campbell
• Kate Moss
• Cindy Crawford
Peuvent se rhabiller.
« Bon, on a compris, le myrtillier est photogénique ! »
Cécile, le retour du cabri Américain : randonneuse de retour d’un magnifique road trip sur la côte Ouest.
Visiblement, les grands espaces lui ont donné des ailes, ou des ressorts… un vrai cabri ! Elle bondit ! elle grimpe ! elle avance … avec l’enthousiasme d’une chèvre qui aurait découvert le Red Bull (Oh fan de chichourle !).
On se demande même si elle ne va pas nous annoncer : « Bon je vais faire le Malinvern pendant que vous mangez ! »
Alors que certains cherchent leur deuxième souffle, ou à négocier avec leurs mollets.
Après une montée soutenue, nous atteignons la Baisse de Druos (2628 M)
Nous venons de franchir la Frontière franco-italienne : sans contrôle douanier, pas même un petit : « Buongiorno, vous avez quelque chose à déclarer ? »
Et devant nous…le cirque de Valscura : encore des lacs, encore des eaux émeraudes, encore des montagnes qui se reflètent. (Encore des photos. Si, si m’enfin…)
Le Mont Malinvern, 2 938 m, domine le décor.
Nous découvrons les Lacs de Valscura, héritiers eux aussi du travail des anciens glaciers.
LE PIQUE-NIQUE À 2 628 M : c’est un spot 5 étoiles
Un panorama à couper le souffle ! …on savoure.
A défaut de chamois, nous avons trouvé des bipèdes ! Et pas des bipèdes ordinaires. Certains montent tranquillement via le Mt Malinvern, d’autres le descendent
HALLUCINANT :
- « Mais ils vont où comme ça ? »
- « Ils ont vraiment décidé de passer par là ? »
- « Ils ont reçu une invitation personnelle du Mt Malinvern ? »
En contre-bas, une caserne abandonnée datant de 1917. Nous avons emprunté des pistes militaires, et surtout UN TUNNEL ! creusé à flanc de montagne.
Nous explorons ce dernier : version Indiana Jones !
- « J’espère que quelqu’un sait où ça ressort ? »
A l’entrée : l’Italie.
A la sortie : nous dominons les Lacs de Terre Rouge, côté français.
On peu se vanter d’avoir traversé la frontière franco-italienne aujourd’hui…à pied, par un tunnel militaire !
Ça en jette un peu plus que : « J’ai fait les courses à Carrefour ! ».
Il faut songer à redescendre : forcément « une dernière photo ». Personne n’y croit.
Une dernière photo chez nous... c’est comme une dernière montée : ça n’existe pas !
Nous quittons la Baisse de Druos, tout va bien.
Enfin…jusqu’à ce qu’une pierre instable décide de participer à la randonnée.
Désirée pose le pied dessus.
La pierre dit : « Non ! »
Désirée glisse…amorti fessier ! mais je genou n’a pas aimé.
Olga, notre guerrière-infirmière, intervient.
Inspection.
Soins, bandage...
Redémarrage.
Et notre Désirée repart !
Même pas peur ! Enfin on verra ce soir !
Nous rejoignions le Col Mercière (2343 M).
TÊTE MERCIÈRE : L'OPTION QUE PERSONNE N'AVAIT DEMANDÉE
Pendant que Jean-Pierre et Cécile choisissent la sagesse et rejoignent la piste…
Nous décidons de faire la Tête Mercière (2 491 M).
Parce qu'il faut toujours quelqu'un pour compliquer une randonnée simple.
🌿 LA MONTÉE : 30°… DE RESSENTI !
Le terrain est herbeux.
Mais alors… QUELLE PENTE !
Officiellement ?
Peut-être 25°.
Dans notre corps ?
30° minimum !
À 1 m 56, ça devient une pente d'escalade.
Les grands montent.
Nous, nous cherchons des prises.
— Tu crois qu'on est encore sur un sentier ?
— Non. Je crois qu'on est sur une pelouse verticale.
— Tu peux me donner ton bâton ?
— Pourquoi ?
— J'ai besoin de trois points d'appui.
On progresse : un pas, deux pas, trois pas.
Et surtout…
NE PAS REGARDER EN BAS !
Enfin, le Graal ! vue à 360°, sur la station d’Isola, route du Col de la Lombarde, le Mt Malinvern et surtout la Baisse de Druos (vue sur tout ce que nous avons parcouru !).
LA DESCENTE : LE GRAND SHAKER DE LA TETE MERCIÈRE :
Les amis, si la montée était sportive, la descente est une autre histoire.
Une histoire qui commence par :
« Ça va aller. »
Et qui se poursuit par :
« Ouh là… »
Parce que nous avons : 🪨 des cailloux,
MODE SHAKER ACTIVÉ !
🫨 Shake à droite, gauche.
🫨 Shake avant, arrière.
Les bâtons deviennent des stabilisateurs.
Les bras battent comme des ailes.
Les genoux découvrent une nouvelle vie.
Et le corps entier participe à une chorégraphie contemporaine intitulée :
« Je voudrais simplement descendre sans tomber. »
🕳️ ET PUIS… LES ORNIÈRES DE GÉANTS !
Comme si les cailloux ne suffisaient pas, voilà maintenant les ornières.
Mais pas les petites. DES ORNIÈRES DE GÉANTS !
Des creux énormes, des trous où une personne d'1 m 80 peut tranquillement poser un pied.
À 1 m 56 ?
ON DISPARAÎT !
— Tu passes par où ?
— Je ne sais pas.
— Tu sautes ? Je mesure 1 m 56, tu veux que je saute jusqu'où ?
— Mets un pied dans l'ornière.
— Elle fait la taille de ma jambe !
— Alors contourne.
— Il n'y a pas de place !
Situation sous contrôle.
Enfin… presque.
Nous ne sommes plus des randonneurs, mais des acrobates !
Au programme :
🎪 marche en crabe
🎪 équilibre sur cailloux roulants
🎪 franchissement d'ornières géantes
🎪 bâton planté dans le vide
🎪 demi-tour acrobatique, réception hasardeuse.
Les pieds : « On essaie. »
Les genoux : « Nous, on ne garantit rien. »
Le bâton : « Je fais ce que je peux. »
La gravité : « Bonjour. Je vous attendais. »
Et là, soudain…ON COMPREND POURQUOI JEAN-PIERRE ET CÉCILE ONT PRIS LA PISTE ! 😂
Une fois cette épreuve franchie, nous devons retrouver le parking.
Jean-Pierre avait pourtant donné des indications limpides :
« C'est facile. C'est tout droit. Vous longez la station des eaux, vous traversez une piste et vous êtes au parking. »
Sauf que la station des eaux reste introuvable !
Nous avons cherché… nada !
Conclusion :
Jean-Pierre et nous n'avons définitivement pas le même GPS.
Selon l'adage du jour :
« Quand tu es perdu… tu coupes ! »
Et pendant que nous cherchons désespérément notre chemin…
Cécile et Olga ? Fatiguées ? Pas du tout !
Elles trouvent une corde sur le chemin.
Et là…HOP ! SAUT À LA CORDE ! 🤸♀️
Sérieusement ! Nous venons de faire : 780 m de dénivelé. 12,5 km.
Et ces deux-là font…DE LA CORDE À SAUTER !
Bref, après avoir emprunté des chemins interdits, affronté des ronces, coupé par des pistes (arc en ciel) …finalement le parking !
LE BAPTÊME DE LAURENCE
Au milieu de tout cela, Laurence faisait ses premiers pas dans le Club Rando.
Pour un baptême…elle a été servie !
Même pas peur : cool, zen. Imperturbable.
À ce stade, on peut officiellement considérer que son baptême est réussi et lui souhaitons la bienvenue.
Mission Terre Rouge – Baisse de Druos – Tête Mercière : accomplie.
🏔️🇫🇷🇮🇹 UNE RANDONNÉE MAGNIFIQUE… ET LÉGÈREMENT DÉTRAQUÉE, COMME ON LES AIME ! 😂🥾
Merci à tous les participants, nos Guides… et à bientôt pour de nouvelles Aventures.
Ciao !



